Une étude pour mieux lutter contre les inondations

Publié le 29 août 2019

Retour sur la réunion publique du 9 juillet à l’hôtel de ville sur le thème des inondations, où une étude technique a été présentée par le Siahvy afin de mieux lutter contre ce phénomène, en particulier dans le secteur d’Effiat. Explications.

Un public nombreux avait répondu à l’invitation du Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique de la Vallée de l’Yvette (Siahvy) et de la Ville, mardi 9 juillet salle Manouchian.

Cette réunion avait pour objet de présenter l’étude du Siahvy, réalisée à la demande de la Ville. Cet important travail d’analyse et de modélisation a permis de mettre sur la table toutes les alternatives possibles pour prévenir au maximum de nouvelles inondations. En particulier dans le secteur d’Effiat, particulièrement vulnérable à la montée rapide des eaux.

Un réseau hydraulique complexe

Au cœur de l’étude : les conditions de vidange du bassin de Saulx-les-Chartreux. Une hausse du niveau d’eau dans le canal de vidange (bras de décharge) entraîne une remontée dans les réseaux d’eaux pluviales de la ville et des débordements fréquents au niveau du carrefour Effiat / Michel-de-Gaillard.

L’étude préconise de revoir le fonctionnement des interactions hydrauliques. Elle envisage ainsi de modifier le réseau d’eaux pluviales et de mettre en place un système de vannage dans le but de déconnecter les réseaux de la rivière.

Réalisées en trois phases (diagnostic de terrain, modélisations, propositions de solutions), les analyses ont permis de  mieux comprendre le fonctionnement du réseau hydraulique dans sa complexité. Grâce à des photos inédites, notamment, prises à l’intérieur des canalisations souterraines au moyen d’un robot miniature.

A cause de connexions parfois anciennes et de travaux successifs, des ouvrages non-pertinents ont été mis au jour. Par exemple, la présence d’une liaison entre la Morte-Eau, le réseau pluvial du parc de l’Événement et le réseau communal allée d’Effiat ou un aménagement à l’utilité discutable sous le square du tribunal.

Des solutions à plus ou moins long terme

Plusieurs solutions sont ainsi envisagées. La construction d’une station de pompage, pour rejeter les eaux de pluie du réseau de la rue du Canal dans la rivière, ou la création d’un nouveau réseau d’eaux pluviales sous l’allée d’Effiat, qui rejoindrait directement le réseau du boulevard de Bretagne puis l’Yvette.

En plus de cette étude, le Siahvy a également présenté ses actions de lutte contres les inondations au niveau de la vallée de l’Yvette. Ainsi, il est prévu d’augmenter dès 2019 le volume utile des bassins de rétention.

En amont de Longjumeau, le bassin de rétention de Bures-sur-Yvette a déjà fait l’objet de travaux pour 1 million d’euros permettant de porter sa capacité. Quant au bassin de Saulx-les-Chartreux, il est prévu d’augmenter son volume de 15 000 m3 supplémentaires pour le porter à 915 000 m3.

Lutter contre les idées reçues

Malgré la technicité du sujet, la réunion a permis d’établir un échange direct entre les experts hydrauliques et le public de riverains et d’apporter des réponses à des idées reçues (lire encadré).

Toutes les pistes d’aménagements feront l’objet d’un approfondissement et d’une programmation, avec l’objectif de lancer les premiers travaux lourds d’aménagement dès l’été 2020.

Sans attendre ce délai, des interventions plus légères ont été déjà mises en œuvre ou sont en cours de réalisation : obturation de la liaison Morte-Eau, adaptation des berges au parc Saint-Martin…

Enfin, la Ville s’est portée candidate au Programme d’actions de prévention des inondations (Papi) pour le quartier d’Effiat et les bâtiments communaux. Ce qui ouvre droit à des financements de l’Etat dans le cadre du fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit « fonds Barnier ».

Vrai / Faux 

  • Les travaux de restauration des berges ont aggravé les inondations

Faux : Menée par le Siahvy il y a quelques années, la restauration écologique des berges de l’Yvette n’a pas modifié les niveaux d’eau, ni aggravé le contexte d’inondabilité. Au contraire, ils ont permis d’élargir la rivière et de favoriser son écoulement naturel.

  • Il faut creuser le lit de l’Yvette 

Faux : De tels travaux d’ampleur se révéleraient aussi coûteux qu’inutiles : les simulations montrent que le niveau de l’Yvette ne diminuerait que de quelques millimètres.

  • Malgré les nouveaux aménagements envisagés, le risque zéro n’existe pas

Vrai : Les inondations de 2016 résultent d’une crue centennale à l’échelle de la vallée et celles de 2018, de pluies orageuses très violentes et localisées sur la ville et ses proches environs. Même si le réseau hydraulique est réaménagé, la commune n’est pas à l’abri de nouveaux épisodes d’inondation en raison du dérèglement climatique.