Écouter avec les yeux, le portrait de Sophie Robin
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Une vocation ancrée dans l’enfance
« C’est un métier que je voulais faire depuis toute petite. J’étais toujours avec les enfants, mes cousins et cousines pour les aider, jouer avec eux », confie-t-elle. Après l’obtention de son CAP Petite Enfance et des années de baby-sitting, sa passion est restée intacte. À la crèche Yvonne Estival depuis sept ans, elle prend soin des 0-3 ans : activités, soins, repas et siestes. « Je fais le même travail que tout le monde », précise-t-elle avec humilité. Pourtant, sa présence apporte une richesse humaine indéniable. Dès le plus jeune âge, elle sensibilise les enfants à sa différence, leur apprenant naturellement à se placer face à elle pour échanger.
Les signes avant la parole
Pour Sophie, la communication dépasse largement le son. Elle utilise la Langue des Signes Française (LSF) pour interagir : « Le fait de signer leur permet de se rendre compte qu’il y a un autre langage et ça peut les aider à s’exprimer ». Loin d’être un frein, le signe devient un formidable outil pédagogique pour toute la crèche. En s’appuyant sur des images, des mimiques et des expressions variées, elle captive les tout-petits. Et les résultats surprennent : « Les bébés savent signer avant de dire certains mots. C’est incroyable ».
Un lien fort avec les familles
L’action de Sophie s’étend bien au-delà des murs de la crèche. Intrigués et séduits, les parents lui demandent souvent de traduire les gestes reproduits à la maison. Pour les accompagner, elle n’hésite pas à distribuer des livrets et à animer des ateliers deux fois par an. Elle rassure volontiers les familles : « Je parle et je signe en même temps. C’est complémentaire, il n’y a pas de retard de langage ». Au contraire, la maîtrise des signes réduit la frustration des enfants avant l’acquisition de la parole. Ainsi, les mots « encore, gâteau, papa ou maman » apparaissent d’abord du bout des doigts.
Un engagement quotidien salué par tous
Si Sophie évolue avec aisance, son métier exige une attention de tous les instants. Karine, sa collègue, souligne cette réalité : « Ses journées sont très fatigantes car cela demande un champ visuel important. Elle est obligée d’être face aux autres, elle est constamment en mouvement ». Face aux obstacles, Sophie ne voit que des solutions, s’appuyant par exemple sur un tableau pour fluidifier les échanges avec les parents. Sa plus grande fierté ? Voir un enfant s’approprier ce langage, parfois avec humour, comme ce petit garçon qui, réclamant du chocolat, avait signé « carotte ». À travers son parcours, Sophie Robin illustre magnifiquement les valeurs de bienveillance et d’ouverture portées par les équipes de la petite enfance. Une belle leçon de vie qui offre à nos enfants de nouveaux horizons et des clés précieuses pour grandir ensemble.