Histoire des noms de rues : LS

À l’origine, cette rue portait le nom de Petit Vaux. Des abattoirs s’installèrent à l’écart, et tout naturellement cette voie fut baptisée rue des abattoirs lors du Conseil Municipal du 16 novembre 1891. Ceux-ci étaient situés à l’endroit actuel du Centre Technique Municipal.

Les Abattoirs et l’usine à Eau et Gaz

Le 24 mars 1897, Melle Marie Léontine Sohier, âgée de 49 ans, céde sa fabrique de chandelles, située au n122 de la Grande Rue. Elle vend le matériel d’exploitation, 2 voitures à 2 roues, un cheval et le stock de marchandises. Son frère, Jules Félix, fait don, le 3 août 1898, de 8 000 m2 de terrain pour le prolongement de la rue des Écoles. Le 31 janvier 1907, Melle Sohier décède. Par un testament déposé chez le notaire à Longjumeau, elle lègue à la Ville la somme de 10 000 francs (environ 30 000 € aujourd’hui) pour l’entretien à perpétuité du caveau de sa famille dans le cimetière de Longjumeau et la commune devra déposer chaque année sur sa tombe 2 couronnes de la valeur de 20 francs chacune (60 € actuels).

Elle fait aussi un legs composé d’immeubles et de fonds d’État d’un montant de 32 546 francs (environ 94 000 €) au profit de l’hospice de la commune. Jules Félix Sohier, son frère, s’opposa à ce dernier legs car la rédaction du testament était « bizarre et anormale », elle comprenait des biens lui appartenant. Ce legs devint inexécutable et caduc. Le 16 avril 1907, le Conseil Municipal, ayant M. Léon Robelin comme Maire, accepta le legs particulier de 10 000 francs,  la municipalité en prit possession le 3 novembre 1908. Pour la Toussaint, le Conseil Municipal déposa une couronne sur la tombe de la bienfaitrice de la ville. Le 9 février 1909, le Conseil Municipal décida que la rue des abattoirs porterait désormais le nom de Léontine Sohier.

Gaz et Abattoir
Gaz et Abattoir

Au début de la rue, côté droit, en 1850, 5 religieuses de la Congrégation de Chartres ouvrirent un asile (école maternelle) pour les enfants de Longjumeau. En 1905, lors de la séparation de l’Église et de l’État, l’école devint laïque et accueillit des jeunes filles. Après la guerre, en 1952, un cours complémentaire s’installa à cet endroit jusqu’en 1959, ensuite, le bâtiment fut occupé par la Croix-Rouge et d’autres associations

En 1999,  la municipalité démolit ce bâtiment car d’importantes fissures étaient apparues sur les murs. Par la suite le groupe Arcade acheta le terrain et construisit une résidence.

En 1987, la municipalité décida la construction d’une bibliothèque située au 6 bis de la rue Léontine Sohier, elle fut inaugurée en septembre 1990, en août 1997 la bibliothèque émigra au parc Nativelle dans les locaux de la mairie qui s’installa à la place de la bibliothèque.

La rue Léontine Sohier, c’est aussi l’agréable parc Nelson Mandela, la halle Mandela lieu de rencontres culturelles,  la caserne des pompiers construites sur le terrain de l’ancienne usine à gaz et des bains municipaux, les écoles Hélène Boucher et Jean Mermoz, le lycée Perrin, le complexe sportif.

Page rédigée par l’association Renaissance & Culture de Longjumeau

La Grande Rue

Jadis, le bourg de Longjumeau était traversé par la route royale reliant Paris à Toulouse via Orléans. Puis les relais de chevaux et les auberges s’installèrent dans la Grande Rue, la ville devint une étape importante. Au XVIIIe siècle, quatre chemins se greffèrent sur la Grande Rue : le chemin de Saulx, celui de Longjumeau à Épinay, de Longjumeau à Chilly et le chemin vers Champlan et Palaiseau. La croissance du trafic entraîna l’extension de la ville. Les chemins devinrent des routes et les voies des rues. Les noms des rues furent simples, ainsi nous eûmes la rue de Champlan, la place du marché, la place de l’église, la rue de l’Yvette, la rue de Saulx et la route de Corbeil. Quelques petites rues adjacentes prirent le nom correspondant à l’activité du lieu : la rue des Matelassiers, le rue de la Cave, la rue de l’Abreuvoir, le rue du Filoir, la voie de Quincampoix, la voie de l’Ascension, etc…

À la Révolution, le 1er floréal de l’an II, les maisons de la ville furent numérotées par le citoyen Roncier. En 1794, les noms des rues changèrent, la Grande Rue fut appelée « rue de la Fraternité », la rue de Chilly devint « rue Brutus », la Place du Marché, « Place de la Loi », la rue de Saulx, « rue de l’Unité », la rue de l’Yvette, « rue Marat » et la Place de l’église, « Place de la Raison ». Le 22 juillet 1816, les anciennes plaques des rues et des places de Longjumeau furent descellées, remplacées par des dénominations traditionnelles. En 1849, de nouvelles plaques en fonte furent posées pour une signalisation durable.

Quand Longjumeau devint une bourgade importante, la partie de la route royale fut la rue principale et prit tout naturellement le nom de Grande Rue. Les registres anciens d’avant la Révolution font mention de cette appellation. En l’An II, elle deviendra la rue de la Fraternité, puis, de nouveau, dans les années 1800, la Grande Rue. En 1865, sous le Second Empire, elle fut appelée Route Impériale n20. Dès l’avènement de la République, elle devint la Route Nationale 20 mais garda le nom de Grande Rue pour les longjumellois. En 1954, la déviation de la RN 20 fut inaugurée et la Grande Rue prit le nom de Départementale 117. 

Quelques maisons de l’artère principale de la ville ont été le lieu de résidence de personnalités célèbres. Tout d’abord, au n17, en 1911, il y avait un atelier d’un menuisier en faillite qui fut loué par Lénine et où il fit des cours d’économie politique à 18 élèves russes. C’est au premier étage du n91 que vivaient Lénine, son épouse et sa belle-mère. Une plaque sur la façade indique la présence de ce révolutionnaire. Au n114 naquit Louis Gabriel Angoulvant en 1872 qui fut le Gouverneur Général de la Côte d’Ivoire. Il pacifia le pays et y introduisit le cacao. Au 117 est décédé Robert III de la Mark, duc de Bouillon, seigneur de Sedan. Le roi François Ier le nomma Maréchal de France. Il fut un véritable tacticien de la guerre moderne. Enfin, le docteur Fernand Cathelin naquit au n119 et plus tard il habita au 134.

En 1997, afin d’honorer le Président de la République qui venait de s’éteindre, elle fut dénommée rue « Président François Mitterrand ».