Vidéos – cérémonie du 75e anniversaire du 8 mai 1945

Publié le 8 mai 2020

Cérémonie du 8 mai 2020 :

La Marseillaise, par Clémence Jacquin, élue du Conseil Municipal des Enfants 2019/2020

Longjumeau entre 1940 et 1945 : de l’Occupation à l’après-guerre

1. Longjumeau : de l’Exode à l’Occupation

Au début des années 40, la population de Longjumeau comptait environ 3000 habitants. Beaucoup de Longjumellois étaient partis en exode en juin 1940. 

Un homme appelé Jean Rodier, né le 22 juin 1920, jouera un rôle essentiel pour notre commune. Secrétaire général de mairie, ses talents d’organisateur furent très appréciés par le conseil municipal dirigé par M. Georges Louin, Maire de l’époque. En juin 1940, alors que les troupes allemandes approchaient de Paris, il fut chargé par le maire, de conduire à Auxerre, les archives de la mairie et celles de la perception. 

Les allemands pénétrèrent à Longjumeau le 15 juin 1940 et s’y installèrent après avoir réquisitionné divers locaux. L’étude de Maître Musnier, notaire au 76 Grande Rue lieu où siégea la Kommandantur, et la Mairie place du Postillon furent drapées d’oriflammes à croix gammée. C’était le début de l’Occupation.

Jean Rodier fut rapidement contraint par l’occupant allemand de rejoindre sa commune de Longjumeau. Dès son retour à Longjumeau, il fit fonction de Maire en attendant le retour de M. Louin. Les services de la Mairie reprirent rapidement leur activité. Les archives de la commune furent récupérées. Quelques mois plus tard, en octobre, le maire M. Louin, adressa sa lettre de démission au Préfet. Ce fut M. Achille Lapeyre qui devint premier magistrat de la commune.

La plupart des Longjumellois revinrent rapidement de l’exode, au plus quelques mois après leur départ, croyant peut-être que la paix était revenue ou ayant choisi de s’installer dans une commune finalement située en zone occupée.

Quelle a été la vie de tous ces Longjumellois vivant sous le joug allemand ? Pénuries, réquisitions, tickets de rationnement, nombreuses interdictions… tout cela faisait amplement partie du quotidien.

Entre 1940 et 1944, la vie quotidienne du Français moyen ressemblait fort à une course d’obstacles en quête du nécessaire, où la débrouillardise et l’ingéniosité étaient érigées en système de survie. Devant la raréfaction des denrées, le marché noir se développait.

Les difficultés de la période ne se limitèrent pas aux restrictions alimentaires et à l’Occupation allemande. Dès septembre 1940, le rationnement était établi pour le pain, les pâtes, le sucre puis élargi à l’automne 1941 à toutes les denrées alimentaires ainsi que les matériaux de chauffage, les vêtements, les chaussures, le tabac, etc. Durant les hivers longs et rigoureux, la population souffrait particulièrement de la faim et du froid, en partie en raison des réquisitions allemandes.  Les Français étaient aussi privés de liberté de circulation. Chaque soir, après le couvre-feu une patrouille arpentait la Grande Rue de Longjumeau. Les soldats allemands logeaient dans le camp et les officiers dans les maisons réquisitionnées. La Kommandantur drapées d’oriflammes à croix gammée était installée dans l’étude notariale au 76 Grande Rue face la Mairie qui se situait derrière la statue du Postillon.

2. La résistance à Longjumeau

La population était traquée de toute part. Certains esprits se rebellèrent ne supportant pas le joug qui leur était imposé. Ainsi un groupe de résistance se forma à Longjumeau en mai 1942 sous l’impulsion du Secrétaire Général de la mairie : Jean Rodier.

La Résistance n’avait pas de domicile fixe. Pas de visage non plus, hormis ceux qu’utilise l’occupant pour dénoncer « l’armée du crime ». Elle s’exprimait principalement dans l’espace public par les signes tracés sur les murs, par des mains anonymes et par les journaux clandestins glissés dans les boîtes aux lettres ou lancés à la volée. 

A Longjumeau, le groupe affilié au réseau « Défense de la France », regroupé dans le « Mouvement de Libération Nationale » (M.L.N.), était constitué début 1943 de 19 personnes. Pour limiter les risques en cas d’arrestation, chaque membre ne devait en connaître que 2 ou 3. De plus, chaque membre choisissait un pseudonyme. Celui de Jean Rodier était « Jean Bambois » (soit « jambe en bois », allusion à son handicap). Leurs missions principales étaient de venir en aide aux réfractaires, aux juifs puis aux maquisards et aux parachutistes alliés. 

Etant handicapé et se déplaçant en voiture d’infirme, Jean Rodier n’attira pas l’attention des allemands. Comme secrétaire général de la ville il pouvait alors fournir des cartes d’identité et des cartes de travail, nécessaires pour les contrôles de la milice ou de la police allemande. Aussi, il permit à de nombreuses familles pauvres et à certains réfractaires du Service du Travail Obligatoire (STO) de manger grâce aux cartes alimentaires qu’il leur fournissait.

Les effectifs du groupe de résistance de Longjumeau grossirent avec l’évolution de la situation pour atteindre 94 personnes en 1944.

 Jean Rodier, Responsable du groupe M.L.N. de Longjumeau
décoré ci-dessous de la Croix de guerre par le général de Larminat

3. La Libération de Longjumeau

Le 22 août 1944 le général Leclerc recevait l’ordre du général Bradley de marcher sur la capitale le 24 août si possible. Le 23 août, la 2ième DB faisait route vers Paris, selon deux axes, pour atteindre en fin de journée  Rambouillet pour le Groupement tactique L (colonel Langlade) et la région de Limours pour le Groupement tactique V (colonel Billotte). Regroupée dans la nuit, la division s’engageait le 24 août, à partir de 7 heures, sur deux axes : le groupement Langlade passait par la vallée de la Chevreuse et le groupement Billotte était chargé de l’effort principal sur la RN 20, de Longjumeau à la Porte d’Orléans. 

En effet, le colonel Billotte donna l’ordre au Commandant Cantarel de s’emparer le plus tôt possible du pont de Longjumeau. La colonne Cantarel arriva ainsi le 24 août à 10 h à Longjumeau par la route de Saulx-les-Chartreux. Elle pénétra dans la ville par la route de Saulx (aujourd’hui appelée rue Maurice). Arrivés devant l’église, des soldats du 3ième Bataillon du Régiment de Marche du Tchad se dirigèrent vers l’hôpital, tandis que l’essentiel de la colonne remonta la Grande Rue. Un soldat allemand qui descendait la Grande Rue fut la première victime. En quelques instants, les volets s’ouvrirent et comme par miracle des drapeaux tricolores furent installés aux fenêtres. Les trottoirs furent envahis par les Longjumellois. C’était la fête ! 

Informés par les F.F.I. sur la situation de la ville, un détachement armé se porta vers la mairie, route de Versailles, pour délivrer les 10 otages arrêtés plusieurs jours auparavant. Les sentinelles allemandes prévenues de l’arrivée des « gars de Leclerc » par le maire, M. Lapeyre, se sauvèrent et il n’y eu pas de drame. La colonne stationna un bon moment à Longjumeau dans l’attente de sa jonction avec le sous-groupement du Commandant Putz qui arrivera à Longjumeau vers 11 h 00. A la sortie de la ville, le détachement du Commandant Cantarel se heurta à une ligne de défense allemande installée à Massy et Wissous. Deux soldats furent tués. Vers 11 h 30, un tir d’artillerie déferla sur notre ville. Plusieurs obus atteignirent des maisons et firent de gros dégâts. Un obus toucha l’hôpital et tua une femme. En début d’après-midi, le Colonel Billotte rejoint le Commandant Putz à Longjumeau. Puis le Général Leclerc et son État-major s’arrêtèrent quelques heures près du carrefour de la Grande Rue et de la rue Bizet.

 La ville de Longjumeau fut ainsi libérée le 24 août 1944 sous une pluie diluvienne.

Après avoir rendu les honneurs aux combattants tués lors des combats, il fallut s’occuper de l’administration de la commune. Un Comité Local Provisoire fut constitué le 28 août 1944. Jean Rodier s’attela alors à organiser l’approvisionnement en nourriture de la population.

Vous trouvez ci dessous le lien vers une courte vidéo montrant les allemands faits prisonniers à Longjumeau.

4. L’après-guerre

La fin de la guerre était forcément un grand moment de joie et de retrouvaille avec les soldats, les prisonniers, les exilés. Mais c’était aussi le retour au bilan , des personnes chères disparues, des biens que la population ne possédait plus, mais aussi la révélation au grand jour des camps d’extermination et des horreurs perpétrées pendant la guerre.

Le 8 mai 1945, dont nous célébrons cette année le 75ième anniversaire, marquait la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une guerre qui fit plus de 60 millions de victimes, ce qui représentait à l’époque 2,5% de la population mondiale.

À Longjumeau aussi la vie reprenait et le 1er octobre 1945 était synonyme de rentrée scolaire. Lors de cette rentrée scolaire, un jeune Longjumellois qui rentrait à la grande école a tenu les propos suivants : « Mes camarades de l’année dernière étaient tous là et c’est un peu rassuré qu’au coup de sifflet du maître je me suis mis dans le rang. Sur les murs étaient accrochés des cartes et des tableaux noirs. Les journées commençaient par une leçon de morale…. leçons de morale qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire ».

Puissions nous retenir les leçons de ce conflit pour ne jamais le revivre ePuissions nous retenir les leçons de ce conflit pour ne jamais le revivre et rendre en ce 8 mai 2020 hommage aux combattants héroïques, aux victimes de ces terribles années de guerre, à toutes celles et ceux qui ont risqué ou sacrifié leur vie pour que nous recouvrions notre liberté.

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