Solidarités

La belle réussite des ateliers socio-linguistiques

Elles sont 6. Tous les mois, à leurs rythmes, elles ont appris le français dans les ateliers socio-linguistiques de la Maison de l'emploi. Au printemps dernier, elles ont toutes brillamment réussi leurs examens. Tout cela méritait bien une belle remise de diplômes par Madame le Maire.

Ils sont nombreux à se donner rendez-vous quatre matins par semaine à la maison Colucci. Ils sont étrangers en situation régulière, mais le français n'est pas leur langue maternelle. Parfois établis en France depuis longtemps, leurs difficultés linguistiques deviennent un handicap quand il s'agit de trouver un emploi. C'est alors qu'interviennent les Ateliers socio-linguistiques.

Les cours de français se mêlent à des moments conviviaux. Les élèves se parlent, et utilisent le français dans un contexte quotidien, celui-là même qui fait parfois défaut.

« L'objectif des ateliers est de donner de l'autonomie. Nous voulons que nos élèves puissent se débrouiller tout seul pour les démarches du quotidien... Et pour trouver un emploi » explique Ida, coordinatrice des Ateliers Socio-Linguisitques (ASL) à la Maison désormais intercommunale de l'Emploi.

Pour la première fois, des élèves étaient présentés aux examens du DILF et du DELF, des diplômes qui certifient un niveau de maîtrise de la langue, indispensables pour renouveler son titre de séjour, et très utile dans un CV pour trouver un emploi. Elles étaient 6 a se présenter, uniquement des femmes pour cette première promotion, préparées par Françoise, leur professeur de français. « Quand j'en ai accompagné deux, j'étais stressée pour elles en les attendant dans le couloir », confie-t-elle.

Et tous ses efforts ne sont pas vains. Avec 100 % de réussite et des notes qui s'échelonnent entre 88 et 100 sur 100 (il suffit de 50 sur 100 pour obtenir son diplôme), les candidates de la Maison de l'emploi de Longjumeau ont le meilleur palmarès du département. Tout cela méritait bien une remise officielle des diplômes des mains de Madame le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet, vendredi 16 septembre dans la salle des Expositions.

Le 100 sur 100 de Fatma

Au moment de recevoir sa récompense, Fatma est toute stressée. Tant de monde et tant de reconnaissance lui font oublier les leçons de Françoise. Pourtant cette jeune turque de 38 ans a réussi son examen en affichant un magistral 100 sur 100 à l'écrit et 100 sur 100 à l'oral pour son DELF. « Elle sait très bien s'exprimer quand elle est en tête-à-tête comme ce fut le cas avec son examinateur, elle a plus de mal en public » nous confie son professeur. Installée en France - et à Longjumeau - depuis dix ans, la nouvelle diplômée se confie : « Comme je ne comprenais pas le français, c'était difficile de se faire des amis. Je pense que quand on vit en France, il faut apprendre le français. Mais c'est très difficile. Avec les ateliers, c'est plus facile, et puis je me suis fait des amies. C'est important. »

Les paroles de Mariam

Pour Mariam, l'oral ne pose pas de problème. Elle aime parler. « A mon arrivée de Somalie en 1992, je ne parlais pas un mot de français. J'ai beaucoup pleuré. Et puis j'ai arrêté de pleurer. » Elle a passé ces dernières années à se consacrer exclusivement à l'éducation de ses enfants.

« Quand mon dernier fils a été en maternelle en octobre 2007, j'ai pu trouver du temps pour les cours, et j'ai commencé à fréquenter les ateliers. Je n'ai pas de problème pour m'exprimer. Quand j'étais petite, à l'école, je parlais et ça suffisait. Aujourd'hui, grâce aux Ateliers, je peux lire et écrire, poursuit-elle. Ça m'a même permis de trouver un emploi de femme de chambre dans un hôtel de luxe ! » Et même si elle n'en perd pas ses moyens, elle est très émue de la remise de son diplôme, obtenu avec plus de 88 sur 100 au DELF. « Je suis très fière de moi, je vais continuer. Et je suis très heureuse que Madame le Maire soit là pour cette remise. C'est une femme travailleuse, mais qui est disponible pour nous », s'enthousiasme-t-elle.

La culture d'Eda

Eda, elle, vient de Turquie. A 24 ans, elle est en France depuis 2003. Elle est présente tous les jours aux ateliers, quand sa fille va à l'école. « Je suis aux ateliers des cours de français, mais j'y trouve aussi des cours de culture française. C'est important pour bien s'intégrer, » raconte-t-elle. Son diplôme du DILF en poche, elle espère désormais trouver plus facilement un travail de caissière.

Farida à l'écrit

Farida est une marocaine de 30 ans, Longjumelloise depuis 3 ans et demi, qui parle parfaitement le français. « Mon problème principal, c'est l'écrit. Avec ce diplôme, je vais pouvoir affiner ma recherche d'emploi. J'aimerais travailler comme hôtesse d'accueil, dans des crèches ou des écoles maternelles. » Inscrite à Pôle Emploi, elle a cherché des cours de français et a été orientée vers les ASL qui ont créé pour elle une formation sur mesure. Après son DELF, cette mère de deux enfants, va pouvoir faire un bilan de compétences qui devrait l'aider dans sa recherche.

eZ Publish™ copyright © 1999-2012 eZ Systems AS