Le clocher de l'église enfin restauré
Depuis 7 ans, les Longjumellois ne connaissent le clocher de leur église qu'emballé sous un filet de protection. La Ville a réunit les financements nécessaires à la restauration de l'édifice.
Classée au titre des monuments historiques depuis le 1er avril 1910, l’église Saint-Martin de Longjumeau fut construite à l’emplacement d’une ancienne église mérovingienne, vers 1250, sous le règne de Saint-Louis. Après un incendie au XIVe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, sa nef est surbaissée. Un nouvel incendie en 1774 ravage le sommet du clocher, mais préserve la base, vestige de l'architecture religieuse du XIIIe siècle. Ce clocher n'en est pas moins de premier intérêt architectural et historique malgré son état de conservation particulièrement médiocre. Le vieillissement naturel a en effet causé l’érosion des mortiers, pouvant entraîner des chutes de pierres. Depuis 2003, un filet pare-pierres entoure l'édifice et le square qui se trouve à son pied est condamné.
Des études pour comprendre
En 2008, la mairie, sous l'impulsion de Nathalie Kosciusko-Morizet, lance les études nécessaires à la rénovation du clocher, patrimoine municipal. Il s'avère alors que les réparations ou travaux faits à l’économie les siècles passés l'ont été sans respect des matériaux et des techniques traditionnelles (jointoiement au mortier contemporain, remplacement de pierre de piètre qualité, ardoise fine posée au crochet, etc…). Les choix effectués lors de précédentes restaurations sont aujourd'hui difficilement acceptables.
Une mise en valeur
Dominique Larpin, architecte en chef des monuments historiques, en charge de suivre le projet de rénovation de ce bâtiment, propose d'aller bien au-delà du simple remplacement sanitaire d’éléments dégradés pour atteindre un véritable projet de mise en valeur de cette partie de l’édifice.
La flèche, résultat de la dernière phase d’exhaussement du clocher, doit être conservée dans son ensemble et bénéficier d’un traitement de qualité, incluant la reprise intégrale de la couverture actuellement en ardoise de piètre qualité de matériaux et de réalisation. Dans une tranche conditionnelle, le projet propose aussi de redonner au premier étage du clocher un traitement digne de la chapelle haute qui s'y trouvait, selon toutes vraisemblances, par le passé. La réouverture des baies sud, est et ouest avec la mise en place des verrières garantira un éclairage naturel du volume.
Des financements optimisés
Pour financer cette rénovation d'ampleur d'un montant estimé à plus de 545 000 € HT (dont 195 k€ pour la tranche conditionnelle), la Ville, propriétaire du bâtiment (voir ci-contre), a été chercher des financements auprès de partenaires engagés dans la conservation du patrimoine. Ainsi, le ministère de la Culture, à travers la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d'Ile-de-France, participe à hauteur de 218 500 €. Le ministère de l'Intérieur a subventionné les travaux pour 74 000 €. Enfin, le département de l'Essonne s'est déjà engagé à hauteur de 50 000 € sur la première tranche et le dossier de la tranche conditionnelle est en cours d'instruction pour une subvention de 46 268 € HT.
Au final, le coût de cette rénovation pour la commune devrait avoisiner les 160 000 € HT qui permettront de conserver le chef d'œuvre de notre patrimoine communal.
La symbolique des modillons
Inspirés de la tradition médiévale, de nouveaux visages sculptés décorent les murs du clocher de l’église Saint-Martin de Longjumeau.
Des vitraux pour le clocher
Des vitraux conçus dans la tradition artisanale par un maître verrier vont prendre place dans les baies du clocher de l’église, jusqu’alors obstruées.
Un toit en ardoise
Après la charpente, les couvreurs entrent en action en haut du clocher de l'église Saint-Martin qui poursuit sa rénovation.
Du sable contre le temps
Tandis que les tailleurs de pierres commencent à œuvrer aux différents étages du gigantesque échafaudage qui entoure les parois du clocher de l’église Saint-Martin, un sableur est venu donner un coup de frais sur les pierres du bâtiment.
Le clocher à l'heure du calepin
En février, un spécialiste de la pierre et des monuments historiques profite des douze étages de l’édifice pour scruter chaque pierre du clocher en détail pour réaliser le calepin.
Si j'étais un charpentier
Un nouveau corps de métier est entré en action sur le chantier de l’église Saint-Martin. Les charpentiers se sont occupés de la charpente de la toiture afin de préparer le terrain pour les couvreurs.
Reconstitution d’une voûte à croisée d’ogives
Les travaux de la phase conditionnelle du chantier de rénovation de l'église se poursuivent par des actions cachées aux yeux du public sur la voûte de la salle du premier étage du clocher.
Les charpentiers sont de retour
L’avancement du chantier a permis aux menuisiers de poser les abat-sons en attendant les travaux à l’intérieur de l’église sur les planchers et le beffroi.
Des enfants sur le chantier de l'église
Des enfants de 4 écoles de la ville ont eu le privilège d'être accueillis sur le chantier de la rénovation du clocher de l'église Saint-Martin par les tailleurs de pierre et les couvreurs.
La vérité est tailleur
Parmi les différents corps de métier qui travaillent de concert à la restauration de l’église Saint-Martin de Longjumeau, il en est un quasi mythique : les tailleurs de pierre.
Des litres sur la façade de l'église
Quelles sont ces drôles de bandes noires sur le fronton de l'église ? Il s'agit de litres, exceptionnelement conservées.
7 mois de travaux
Depuis début janvier 2011, le filet de protection du clocher de l'église est remplacé par un échafaudage sur lequel travaillent des spécialistes de la restauration des bâtiments historiques.
A qui appartient l’église ?
Les églises construites avant 1905 sont généralement propriété des communes dans lesquelles elles sont établies et ce, en vertu de la loi dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat du 9 décembre 1905.
Tous les objets présents dans l’église avant cette loi appartiennent également à la commune, sauf preuve du contraire, et en vertu des inventaires engagés en vue de l’application de la loi. C’est le cas de l’église Saint-Martin de Longjumeau qui appartient à la Ville. Mais, bien que propriétaire, la commune ne peut jouir de son bien qui est affecté au culte, à la disposition du clergé et des fidèles. Cette affectation légale est gratuite et exclusive.
Qui est responsable de son entretien ?
La commune et le prêtre. Le nettoyage de l’église et le petit entretien est pris en charge par la paroisse. La commune engage les dépenses nécessaires pour les réparations et la conservation des édifices du culte. Sa responsabilité peut être engagée en cas d’insuffisance d’entretien. Les travaux d’entretien se font alors en accord avec le curé et le diocèse.
Qui était Saint-Martin ?
Symbole de la valeur universelle du partage, il naquit en 316, à Savaria, en Pannonie (actuelle Hongrie) de parents païens. Vers l'âge de quinze ans, il fut enrôlé de force dans l'armée romaine, et fit son service dans la cavalerie. En 337, en garnison à Amiens, en France, il partagea la moitié de son manteau pour la donner à un pauvre qui mourait de froid. Il eut alors la révélation de la foi et se convertit au christianisme. Martin décida alors de quitter l'armée. Il se mit au service d'Hilaire, évêque de Poitiers, en France, qui le forma. Il s'installa ensuite à Milan, en Italie, partit s'isoler pour un temps sur l'île de Gallinaria, sur la côte ligure, puis revint en France pour s’installer comme ermite près de Poitiers, et fonda le monastère de Ligugé, premier monastère d'Occident.
Enlevé par les Tourangeaux qui voulaient en faire leur évêque, Martin fut élu évêque de Tours le 4 juillet 371. Il créa le monastère de Marmoutier, près de Tours, et fonda les premières églises rurales de la Gaule. Saint-Martin mourut le 8 novembre 397 et fut enterré à Tours.