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Vie de quartierMédiateurs du quotidien
Redda Kouadri, Sileymani Diakité et Christophe Medouze veillent sur Longjumeau. Retour sur le rôle des médiateurs urbains.
Comment résoudre certains problèmes du quotidien sans passer par une procédure judiciaire longue et coûteuse ? Les trois médiateurs urbains apportent une réponse de proximité efface. Une gardienne est témoin d’un vol de vélo par des jeunes ados sur un enfant d’une dizaine d’années. Elle contacte alors le médiateur qui retrouve facilement les auteurs du méfait. Par le dialogue, il les convainc de rendre le vélo volé. De l’autre côté, il persuade le père de l’enfant qu’un dépôt de plainte n’est pas nécessaire. Le délit ne restera pas impuni pour autant : les parents, avertis des agissements de leurs enfants, se chargent de la punition.
Vers une conciliation
« Il n’existe pas de petits problèmes », explique Redda, « si c’est important pour les gens, alors c’est important pour nous ». Ils sont sollicités par les habitants, les bailleurs ou la ville pour régler des litiges. Dans un premier temps, Redda, Sileymani et Christophe cherchent à clairement identifier la situation. Ils vont à la rencontre de la victime, puis de l’auteur du méfait. « C’est un métier de dialogue » déclarent-ils de concert, « il faut prendre le temps de bien écouter les gens, d’identifier leurs plaintes, ou les raisons de leurs comportements ». Ils discutent avec chacun afin de pouvoir organiser une rencontre quand ils seront prêts à s’écouter. Le médiateur n’est pas là pour rendre la justice. Il cherche à créer une communication entre les personnes en confit. « Nous ne sommes ni des juges, ni des policiers, nous sommes simplement un élément extérieur qui pose les choses à plat ». L’intervention se termine quand les deux parties trouvent, ensemble, une solution de conciliation. « Ce n’est pas le tribunal, mais le coupable doit tout de même assumer ses actes et leurs conséquences ».
Conseil, prévention et suivi
Au-delà des confits, les médiateurs ont aussi un rôle de conseil, et d’accompagnement. En contact permanent avec la population, avec les jeunes en particulier, ils peuvent suggérer des pistes qui n’avaient pas été envisagées. C’est là encore une histoire de discussions. Au fil des conversations, ils pourront faire le point, identifié les besoins, déceler les détresses, et enfin apporter une réponse. Redda raconte : « On aide les jeunes dans leurs démarches de recherches d’emploi. On leur donne des contacts, on les adresse à des institutions, on les aide à faire le premier pas. ». Sileymani rebondit : « Il faut ensuite les appeler, les relancer régulièrement, pour faire le point. Depuis que je suis arrivé, j’ai déjà connu plusieurs cas de ce type, que l’on a menés à terme ».
Les médiateurs ont également une mission charnière dans la politique de prévention, en particulier contre les addictions. Ils vont à la rencontre des jeunes dans leur quartier et au Collège Pasteur. Tous les sujets sont abordés avec les jeunes y compris les plus sensibles : le tabac, la drogue douce ou dure, l’alcool, la sexualité, les maladies. « Les difficultés scolaires sont souvent le symptôme d’autres problèmes, aux premiers signes, on prend contact avec les familles, pour sonder le contexte ».
La médiation est un travail de parole et de patience. Redda, Sileymani et Christophe résolvent au quotidien des situations difficiles ou compliquées sans jamais se décourager. « La récompense, c’est de voir les améliorations sur le terrain et de ressentir la reconnaissance des familles et des jeunes. »
Redda Kouadri :
Qui ne connait pas Redda à Longjumeau ! Il habite ici depuis plus de 25 ans, travaille pour la municipalité depuis 1995 et arpente les rues comme médiateur depuis 2001. Son premier travail était en cuisine où il estime avoir appris l'esprit d'équipe et la rigueur. Il réoriente sa carrière en devenant éducateur sportif, puis continue d'évoluer jusqu’à passer le concours de médiateur.
Sileymani Diakité :
Né à Longjumeau, il a grandi dans le quartier nord (Gare-marché) et habite désormais à la Villa Saint Martin, dans le quartier sud. Titulaire du BAFA (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur), il a œuvré pendant 5 ans au centre de loisirs municipal et pour le service jeunesse. Autant dire qu'il connaît bien la jeunesse de Longjumeau dont il est issu.
Service Prévention-médiation
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