Vous êtes dans : Accueil > Solidarités > Santé > Une réponse inattendue à la crise
SolidaritésUne réponse inattendue à la crise
Face aux Parc Nativelle, à deux pas de l’Hôpital de Longjumeau, « L’Inattendu » accueille les personnes en grande difficulté psychologique, dites « en crise », dans des conditions plus libres que ne le permettent la médecine générale et la psychiatrie.
L’hôpital général ne peut pas traiter tous les besoins d’accueil psychologique. Au Centre Hospitalier Général (CHG) de Longjumeau, l’accueil des patients en psychiatrie se fait en trois degrés, communs à toutes les pathologies : les urgences, où le diagnostic initial est établi et qui permet d’orienter selon des besoins, les lit-porte, qui permettent de garder en observation pour un très court séjour, et les chambres dans les étages, en nombre limité, pour les séjours plus longs.
L’hospitalisation sous contrainte en hôpital psychiatrique à Barthélémy Durand à Etampes n’est pas toujours nécessaire : certaines personnes qui traversent des crises et ne présentent aucune dangerosité pour elles ou pour autrui. Au sens psychiatrique, la crise est un moment de perte de repères, lors duquel une personne ne peut plus se projeter vers le futur. Elle nécessite une reconstruction sur le court ou le long terme.
Il manquait une structure intermédiaire entre la psychiatrie et la médecine générale.
Un « Hôtel thérapeutique »
Fort de ce constat, le Docteur Guy Dana, psychiatre, responsable du secteur comprenant le CHG de Longjumeau, a imaginé une structure originale : le Centre d’accueil
de crise, l’Inattendu.
Depuis une dizaine d’années, l’idée d’un lieu construit comme un véritable Hôtel thérapeutique où les patients volontaires pourraient faire le travail nécessaire à leur reconstruction, a germé.
La Ville a suggéré un emplacement, des travaux ont été lancés et depuis le 14 septembre 2009, les patients sont accueillis en face du Parc Nativelle, à l’angle des rues Lieron et du Pdt F. Mitterrand.
L'unité de soin, qui dépend de B. Durand mais travaille en synergie avec l’Hôpital de Longjumeau, ne compte que 11 lits, répartis dans 10 chambres. Les couloirs sont ouverts sur l’extérieur autour d’un atrium en verre avec des petits salons aux paliers qui plongent sur les arbres du Parc. « Il était important que ce lieu soit ouvert sur la ville. Nous projetons même d’ouvrir un espace culturel (exposition, théâtre…) accessible à tous. » s’enthousiasme Guy Dana.
Une thérapie par la parole
« Dans un hôpital général, faute de temps, la relation humaine est parfois limitée et le traitement se réduit alors à la seule médication, » précise le Docteur Christina Huerre, le médecin référent du lieu.
A l’Inattendu, par des entretiens individuels, des ateliers et des groupes, l’équipe soignante replace la parole au centre de la thérapie. Cette méthode se tient un peu à l’écart des politiques classiques de résultats immédiats.
« Nous n’allons accueillir que des personnes consentantes dont le séjour ne pourra pas excéder 15 jours. Mais on peut faire beaucoup de travail en 15 jours ! En sortant, elles auront au moins construit une adresse vers laquelle se tourner » affirment de concert Chantal Mechin, cadre supérieur de santé, et le Docteur Dana.
Avec le Centre d’accueil de crise, Longjumeau s’enrichit d’un lieu inédit et unique en son genre. « Ce projet innovant représente pour moi l’avenir de la psychiatrie. Et je suis heureux qu’il puisse s’épanouir dans le cadre du Service Public » conclut-t-i