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Développement durableLes couches lavables à l'heure du bilan
La crèche collective Yvonne Estival dresse le bilan d’un an d’expérimentation des couches lavables.
De septembre 2010 à juillet 2011, la Ville de Longjumeau a testé l’utilisation des couches lavables au sein de sa structure d’accueil collective. La réduction des déchets est une priorité municipale. Le remplacement progressif des couches jetables par des couches lavables était considéré comme une alternative moderne, écologique et économique. Malgré quelques réticences exprimées par le personnel au début du projet (méconnaissance du produit, nécessité d’acquisition d’une nouvelle technique de change), trois phases tests, avec trois prestataires différents, ont été lancées sur un principe de participation de familles volontaires.
Plusieurs objectifs sont recherchés : améliorer le bien-être de l’enfant, réduire les déchets et par conséquent les coûts liés à leur traitement, et sensibiliser les familles à la démarche et - pourquoi pas - leur permettre d'effectuer une économie budgétaire en adoptant à terme les couches lavables à leur domicile.
Du pour…
Il est indéniable que l’utilisation des couches lavables a diminué considérablement les déchets (plus d’une tonne par phase test). D’autres part, le nettoyage externalisé a permis de travailler en lien avec un ESAT (établissement et service d'aide par le travail), et a donc favorisé l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap. Enfin, les familles ont été sensibilisées à ce nouveau produit à moindre coût. Cependant, à l’issue de ces phases test, il s’avère que l’utilisation des couches lavables en collectif ne semble pas pertinente car peu aisée à mettre en œuvre, malgré la bonne volonté et l'implication des professionnelles.
… et du contre
Les tests sont réalisés sur une vingtaine d’enfants. Difficile de trouver un modèle adapté aux différentes morphologies. Le premier prestataire a essuyé les plâtres et a permis un réaménagement de l’espace de change de façon plus adaptée. La seconde société a reconnu le test comme un échec… positif pour elle, puisque cela lui a permis d’améliorer son modèle de couche. Enfin, la dernière collaboration a pu bénéficier de l'expérience des deux premiers mais l'entreprise a depuis cessé son activité. D’un point de vue organisationnel, l’entretien externalisé a induit le transport des couches par véhicule motorisé (impact négatif sur le bilan carbone). Il fallait quotidiennement fournir un volume de couches suffisant pour remplir une machine par jour (120 couches pour 20/25 kg) et ne pas tourner en sous-régime. Enfin, le séchage en machine n’est pas recommandé pour les couches lavables (problème de résistance des élastiques).
L’entretien en interne n’est quant à lui pas envisageable. Il demanderait un investissement trop lourd en nouvel équipement et en mise en conformité.
Perspectives
Les objectifs posés au départ de cette expérimentation sont toutefois atteints : le bien-être de l’enfant est respecté, le service a participé à une action de développement durable éco-responsable entraînant une diminution des déchets, l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap a été favorisée et les familles ont été sensibilisées à cette pratique alternative. C’est d’ailleurs la conclusion la plus positive de l’expérimentation : l’usage au quotidien de couches lavables par une famille est beaucoup plus adapté (petite machine, pas de séchage industriel, facilité de rinçage….). Si un investissement de départ reste nécessaire, la suite entraîne une véritable économie : le budget couche est divisé en moyenne par deux.
En fin d’expérimentation, Nathalie Kosciusko-Morizet a tenu à remercier le personnel qui a « joué le jeu » et à féliciter les familles prêtes à continuer l’aventure.
Pour toutes les structures d'accueil de la petite enfance, une nouvelle alternative est à l’étude : l’utilisation de couches jetables, mais... biodégradables.