Mardi 07 Février 2012

Longjumeau, le site Internet

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Découvrir la ville

Des nouvelles du Mali

Longjumeau entretient depuis plus de 20 ans des relations privilégiées avec Bamba, port fluvial du Mali aux portes du désert. L’association Longjumeau Afrique multiplie les actions sur place depuis 1988.

En 1986, Gladys Joffre, collégienne à Longjumeau, cherche à monter un spectacle de danse dont les bénéfices seraient versés à une association humanitaire agissant en Afrique. Elle trouve une oreille attentive auprès de Serge Bouleau, alors directeur de la Maison communale des jeunes, qui fournira la logistique. L’opération connaît un grand succès et sera renouvelée en ciblant l’aide humanitaire sur un village, Bamba.

Les bénéfices du second gala servent à acheter de l’outillage, et des semis qui sont acheminés à Bamba... en voiture, grâce au soutien du Maire de l’époque, Michel Chartier. Au retour de l’expédition, l’association Longjumeau Afrique est créée (1988).

En 1991, une délégation malienne vient à la découverte de Longjumeau. Malheureusement, un conflit armé causant une centaine de victimes à Bamba empêchera les Longjumellois de se rendre au Mali pendant quelques années. Depuis 1995, l’association trouve un nouvel élan. Les réalisations se succèdent (bibliothèque, parrainages, internat…). Et en 2006, Raphaël Santamaria prend la présidence d’une association qui n’en finit plus de mener à bien ses projets.

Comment aider Longjumeau Afrique ?

Le principal problème de l’association est l’acheminement de l’aide jusqu’à Bamba. Le transport de marchandises est très difficile au Mali. La logistique à mettre en place pour atteindre les village reculés est presque inexistante. L’association a besoin de bénévoles pouvant apporter des solutions de transport jusqu’à Bamba.

Les fournitures scolaires, les livres et les médicaments sont désormais achetés sur place. Les dons d’argent sont donc toujours bienvenus ainsi que le petit matériel médical (tensiomètre, stéthoscope…), difficile à trouver sur place et qui fait cruellement défaut.

 

 

Bamba, Mali

Bamba est une ville du Mali située sur les bords du Djoliba (fleuve Niger), au nord-est du pays, à mi-parcours entre Tombouctou et Gao. La commune s’étend sur une surface de 8 100 km² (soit 2 000 fois la taille de Longjumeau !) pour 30 000 habitants. Elle est divisée en deux grandes zones à vocation pastorale : le Haoussa semi-désertique sur la rive nord du Niger, et le Gourma, sur la rive sud, caractérisé par des mares. Les habitants de Bamba sont soit sédentaires dans la vallée du fleuve, soit nomades entre le Haoussa et le Gourma. Au nord de Bamba, c’est le désert. Les dunes du Sahel essayent inlassablement de s’inviter en ville. Le climat est aride sauf pendant l’hivernage (entre juillet et octobre) quand le Djoliba, gonflé par les pluies, reprend les droits sur l’ensemble de son lit. La ville est alors accessible par bateau. Le reste de l’année, seules les pinasses, pirogues traditionnelles, peuvent rallier Gao. Les routes sont difficilement praticables, en mauvais état et régulièrement couvertes de sable. Se rendre à Bamako, la capitale, à 1 500 km à l’ouest en aval du fleuve, nécessite quelques heures de pinasse puis 24 heures de bus.

 

 

Un internat pour Bamba

Depuis la rentrée 2009, une quinzaine d’élèves du collège de Bamba loge et étudie dans un internat construit grâce à l’aide des Longjumellois. Pour l’association Longjumeau Afrique, c’est le point d’orgue de plus de vingt ans d’actions solidaires au Mali.

A Bamba et aux alentours, peu d’enfants sont scolarisés. Les Maliens n’ont pas les moyens de payer des études à leurs enfants ou, vivant loin de la ville, ils n’ont pas de solutions de logement à proximité de l’école. Parfois, ils ne voient juste pas l’utilité de les scolariser.

Longjumeau Afrique a l’idée de financer les études au collège de quelques enfants par un système de parrainage qui permettrait de prendre en charge le logement, la nourriture, les vêtements, les fournitures scolaires et les soins médicaux. Fédérant un petit groupe de parrains, l’association commence en 2004 par installer 5 enfants chez un logeur. Puis en deux ans, l’effectif va tripler et un second logeur sera nécessaire.

Pour Raphaël Santamaria, président depuis 2006, le succès de l’opération est dû à la taille modeste de l’association et à la proximité avec les membres actifs : « Le fonctionnement de Longjumeau Afrique est transparent. A contrario des grands organismes humanitaires, on sait en détail ce qui est fait avec l’argent que l’on donne ». Aujourd’hui, une soixantaine de personnes (dont une quarantaine de Longjumellois) permet à 17 collégiens de suivre confortablement leur cursus. Les enfants ont 2 ou 3 parrains et des relations épistolaires plus ou moins développées se sont installées.

L’internat

Fin 2005, la décision est prise de construire un internat pour pérenniser les parrainages. Un premier projet développé par l’école d’architecture du boulevard Raspail s’avérera trop coûteux (65 000 €). Une solution se basant sur une construction traditionnelle avec des briques en paille et boue séchée (le banco) et menée par un entrepreneur local, sera finalement retenue. Son coût (10 000 €), permet à Longjumeau Afrique de financer l’opération sur ses fonds propres. La municipalité de Bamba met à disposition un terrain mitoyen du collège.

Les travaux débutent fin 2008. Le bâtiment sera constitué de deux dortoirs séparés (originalement pour les garçons et les filles), d’une salle d’étude, d’un magasin de stockage et de la loge du gardien, le tout entouré d’un mur d’enceinte clos. Pour accueillir à la rentrée 2009 (en octobre) les 17 premiers locataires, l’association a créé trois emplois fixes : un gardien, présent 12 mois par an, une cuisinière et une répétitrice, responsable des heures d’études (4h/jour).

Les collégiens de Longjumeau Afrique

Les enfants sont issus des familles les plus modestes. Beaucoup sont orphelins de père ou de mère, mais tous ont réussi l’examen de fin d’études primaires garantissant le niveau scolaire requis. Si en primaire, la langue d’étude est le songhaï, au collège et lycée, c’est le français. Il faut du temps pour acquérir une langue qu’ils ne maîtrisent pas tous et soutenir le rythme de travail.

Les jeunes étudiants sont logés à l’internat. Ils y prennent tous leurs repas et apprennent à être autonomes en s’acquittant des tâches domestiques. Ils sont scolarisés au collège dont le programme est très similaire aux collèges français. Ils ne rentrent chez eux que pour les vacances scolaires.

Il faut également s’habituer à une nouvelle vie, loin de la famille et en ville.

En 2007, Daouda fut le premier filleul à atteindre le lycée. A la fin de l’année, il passera son bac et envisage de faire médecine à la prochaine rentrée universitaire.

Depuis, 7 ou 8 élèves ont suivi le même destin. Ceux qui arrêtent les études après le collège savent au moins lire et écrire, et sont en mesure de comprendre un document administratif. Ils acquièrent de l’autonomie et un accès à la citoyenneté.

Être parrain

Suite à une exposition photo de Longjumeau Afrique à l’Hôtel de Ville en 2006, 6 agents du service Population ont décidé de s’associer pour parrainer un enfant de Bamba.

Seul, on ne peut pas forcément donner assez. C’est comme ça, qu’après concertation, nous avons eu l’idée de mutualiser notre parrainage ». C’est Yssouf, désormais âgé de 15 ans et scolarisé en dernière année de collège, qui fait les bénéfices de leur adhésion. « Nous recevons ses bulletins scolaires tous les trimestres et puis des courriers dans lesquels il nous raconte son quotidien. Ces derniers temps, ses résultats sont en dent de scie, par contre il s’épanche de plus en plus sur ses histoires de cœur… » Y’aurait-il une relation de cause à effet ? Les courriers permettent également de voir les progrès qu’il fait en français qui n’est pas sa langue maternelle. Quand un membre de Longjumeau Afrique se rend à Bamba, le petit groupe en profite pour faire parvenir un appareil photo jetable à Yssouf et récupère ainsi ensuite un reportage photo sur sa vie de tous les jours, son entourage, ses amis… « On le voit changer sur les photos, ce n’est plus un enfant, c’est un jeune homme maintenant. »

Faire le choix d’être parrain avec Longjumeau Afrique, c’est s’engager sur 1 an avec le choix du montant de sa cotisation mensuelle, sachant qu’une année scolaire à l’internat coûte 720€ par enfant (les frais annexes étant pris en charge par l’association). Les parrains se sentent moralement responsables sur la durée des années collège (3 ans minimum).


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