Mardi 21 Août 2018

Longjumeau, le site Internet

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Aménagement

La symbolique des modillons

Inspirés de la tradition médiévale, de nouveaux visages sculptés décorent les murs du clocher de l’église Saint-Martin de Longjumeau.

Depuis la nuit des temps, les souverains, les religieux, les architectes même, ont toujours voulu, par les édifices qu’ils construisaient, laisser une trace dans le temps, et les nombreux monuments qui peuplent notre patrimoine en sont la preuve. Les tailleurs de pierres, chevilles ouvrières de ces grandes constructions, ne sont pas en reste. Chaque tailleur de pierre, aujourd’hui encore, possède sa marque, un petit symbole discret en guise de signature qui vient orner les pierres qui passent entre ses mains. Outre ses petites distinctions, les plus artistes arrivent à inscrire plus remarquablement leur empreinte dans la pierre. Les commanditaires, selon leur souci du détail, pouvaient et peuvent toujours faire des requêtes particulières pour parfaire l’ornementation des édifices ou bien laisser libre cours à l’imagination des tailleurs. Pour les endroits les moins accessibles, souvent dans les hauteurs des monuments, il arrivait que les artisans prennent cette liberté d’eux-mêmes, et fassent preuves de fantaisie, de facétie voire de grivoiserie !

Les modillons

L’art des modillons est né de cette tradition et fût en plein boom avec le développement de l’art roman. Les modillons sont des blocs de pierre, sculptés de façon grossière ou fine selon la dureté de la roche, placés sous les corniches comme pour les supporter. Ils se présentent comme des figurat

ions délicates ou frustes, classiques ou fantaisistes, révélant la verve du sculpteur et l'âme d'une époque. Ils sont soit historiés (illustration de scènes historiques ou bibliques par exemple), soit purement décoratifs (motifs géométriques, représentation d'objets d'usage courant, animaux familiers, feuillages...). Les modillons, véritable art populaire, témoignent aussi bien des préoccupations de la vie courante que de l'imaginaire médiéval. Ils n'en demeurent pas moins d’une grande saveur et d'une belle expressivité. Ce petit patrimoine roman constitue un riche document d'histoire. Aujourd’hui encore, des historiens s'interrogent sur la dimension ornementale des modillons ou sur leur éventuelle portée symbolique. En l'absence de sources historiques laissées par les sculpteurs romans, l'interprétation restera souvent délicate. On peut penser qu'il n'y a pas sous les corniches de projet symbolique global, en revanche, certains modillons, considérés séparément, révèlent souvent un message.

Les modillons de Longjumeau

François Desforges, chef de chantier de restauration de l’église de Longjumeau, est avant tout tailleur de pierre et compagnon. Messieurs Larpin et Madeleina, les architectes supervisant les travaux, lui ont laissé carte blanche pour l’ornement des corniches se trouvant en base des voûtes, au sommet des grandes baies désormais comblées de vitraux. C’est ainsi qu’il a sculpté six visages (deux par baie) en s’inspirant de la tradition et de la symbolique médiévales, mais aussi en rendant des hommages plus personnels. Sur la face Est, les modillons représentent deux jeunes personnes. A droite, un jeune homme porte comme une discrète couronne. Il s’agit de couleur fleurie signe distinctif que portaient autrefois les tailleurs de pierre pour montrer leur appartenance à un devoir compagnonnique. Le second modillon Est, représente une jeune femme, sur laquelle l’artiste est resté mystérieux… une muse ? Sa dulcinée ?

C’est sur la face Sud que François Desforges a choisi de rendre un bel hommage à l’un de ses pairs. Un personnage barbu fait face au soleil en son zénith. Il s’agit de Benoit, compagnon formateur du tailleur de pierre : « Cette personne a eu un rôle important dans mon orientation, il m’a pris sous son aile et m’a suivi tout au long de mon cursus. C’est grâce à lui si je suis sur ce chantier. C’est la façon la plus appropriée et originale que j’ai trouvée pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour moi. »

Les sculptures du versant Ouest ont quant à elles une signification plus symboliquement liée à l’église et à la religion. Le bien et le mal sont représentés de chaque côté de la baie : à droite un diablotin et à gauche un curé. « C’est le point cardinal du soleil couchant. En fin de journée, on fait le bilan, ai-je bien agit ? Me suis-je mal conduit ? Qu’est ce qui m’attend, le paradis ou l’enfer ? »

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