Jeudi 19 Octobre 2017

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Aménagement

Reconstitution d’une voûte à croisée d’ogives

Les travaux de la phase conditionnelle du chantier de rénovation de l'église se poursuivent par des actions cachées aux yeux du public sur la voûte de la salle du premier étage du clocher.

Le clocher de l’église Saint-Martin de Longjumeau est agrémenté de deux belles cloches. Ces instruments de percussion en bronze sont en très bon état. Cependant, pour l’entretien futur de ces lourds objets, il faut prévoir un passage pour les descendre au sol. Les architectes ont opté pour l’intégration dans la charpente de toiture d’un chevêtre amovible. Ainsi à l’aide d’une grue, les cloches pourront être déposées et posées par voie aérienne.

Par le passé, il était d’usage de créer un oculus (trou circulaire) dans le plancher de la chambre des cloches. La cloche à nettoyer, réparer ou changer était ainsi descendue par l’intérieur de l’église.

Au plafond de la salle du premier étage, la voûte à croisée d’ogives portait encore la trace d’un passage de la sorte, rebouché approximativement lors d’une restauration antérieure. Les architectes de bâtiments de France ont demandé aux tailleurs de pierre, dans le cadre des travaux de rénovation du clocher, de restituer la voûte à laquelle il manquait une nervure.

Les travaux

Un grand échafaudage s’étend du sol au plafond de la petite salle du premier étage du beffroi, nouvellement révélée par l'ouverture et l'installation de vitraux. Au sommet de celui-ci, les ouvriers ont facilement accès à la voûte. Le sommier (pierre de base d’une voûte) et la clef (pierre centrale et commune aux deux voûtes qui se croisent) sont d’origine. Il faut dessiner, tailler puis poser les voussoirs qui iront de l’un à l’autre. Chaque pierre doit faire l’objet d’un travail d’une précision extrême. La solidité de la croisée d’ogives dépend de la qualité de chaque élément. Les voussoirs, de forme trapézoïdale, sont posés par le dessus en partant du sommier (du bas vers le haut). Sur les faces de joints, des rigoles en forme de pattes d’oie sont creusées. Le joint coulé entre deux morceaux remplira ainsi ces petits canaux et solidarisera les pierres. Les tailleurs y ont coulé du plâtre à prise rapide pour gagner du temps, sans perdre en efficacité. Le joint de finition (d’apparat) pour sa part est fait de mortier avec une patine à la composition et au ton fidèle à l’homogénéité de l’église. La voûte quadripartite reconstituée, les ouvriers ont ensuite maçonné les voutains (panneaux entre deux voûtes) manquants. Une fois l’ensemble complètement bouché, du plâtre a été coulé sur le dessus pour encore mieux solidariser la structure.

Un peu d’histoire

La voûte à croisée d’ogives est constituée d’arcs disposés diagonalement (les ogives) qui se croisent au centre sur une clef. Elle est ainsi divisée en quatre ou six quartiers (ou voûtains) indépendants. Au début du XIIe siècle, l’invention de la croisée d’ogives a révolutionné l’architecture. Contrairement à la voûte romane, massive et reposant sur des murs porteurs, la croisée d’ogives permet d’étendre la portée et de canaliser la poussée vers des points de retombées entre lesquels les murs ne seront plus porteurs. Ils peuvent ainsi être vidés pour placer des vitraux, par exemple : c’est l’avènement de la lumière dans les églises. Cette technique reflète une meilleure maîtrise de l’équilibre des forces.

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