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AménagementLes charpentiers sont de retour
L’avancement du chantier a permis aux menuisiers de poser les abat-sons en attendant les travaux à l’intérieur de l’église sur les planchers et le beffroi.
Après avoir travaillé sur la charpente de la toiture, menuisiers et charpentiers sont de retour sur les échafaudages pour s’attaquer aux abat-sons : « Il fallait attendre que le chantier de restauration et de remplacement de certaines pierres avance pour pouvoir intervenir, explique le chef de chantier. Il en est de même pour la rénovation des planchers et du beffroi, poursuit l’architecte, dès que les échafaudages des tailleurs de pierre auront quitté l’intérieur de l’église, les artisans du bois pourront attaquer le remplacement des planchers et la rénovation du beffroi. »
Les abat-sons
Les abat-sons sont des ouvrages en chêne garnissant les ouvertures du clocher. Un ensemble de lames en bois inclinées fixées dans un châssis en charpente renvoie le son des cloches vers le sol et ventile les charpentes. Leur inclinaison permet aussi d’empêcher la pluie et la neige de s’infiltrer. Sur certains édifices elles sont parfois recouvertes d’ardoises ou de plomb, mais celles de l’église de Longjumeau sont exclusivement en chêne massif. Les menuisiers ont préparé en atelier un modèle d’abat-son en pin pour le présenter à l’architecte qui a opté pour une légère modification quant au modèle ancien : « la dernière lame a été raccourcie pour être de taille identique aux autres ». De retour en atelier, ils ont façonné un châssis cintré dans le haut et régulièrement rainuré par de petits rails de la largeur des pales qui sont posées, elles, sur place. Sur les hauteurs des échafaudages, le chambranle de bois est inséré à petits coups de masse dans son encadrement de pierre. Une fois bien en place, il est profondément vissé à même la pierre, puis les lames de bois sont glissées dans leur emplacement. Autrefois, les pales de bois étaient maintenues par des pattes scellées dans le mur. Aujourd’hui on les visse dans le châssis.
Les planchers et le beffroi
Les travaux sur les contours des baies ont nécessité la pose d’un échafaudage à l’intérieur de l’église. Dès que celui-ci sera démonté, les menuisiers pourront remplacer les planchers et s’attaqueront en parallèle à la rénovation du beffroi.
Le beffroi est une charpente de bois conçue pour isoler les murs de pierre des cloches. Il est constitué d’un entrelacement complexe de croix en chêne et repose sur un rebord en pierre dépassant des murs intérieurs de la tour. Lorsque les cloches sonnent, le chêne, matériau plus indulgent que le calcaire et le gré, absorbe les vibrations. Si les cloches étaient reliées directement à la pierre, leurs vibrations affaibliraient dangereusement les murs qui finiraient par s’écrouler. Le beffroi de l’église Saint-Martin est dans un très bon état. Seul un élément dégradé, mais obsolète, sera supprimé. Pour le reste, il s’agira d’un gros nettoyage et d’un traitement pour continuer de résister au temps.
La restauration de l’église
Depuis janvier, différents corps de métiers s’affairent sur le chantier du clocher de l’église Saint-Martin de Longjumeau. Un gigantesque échafaudage a remplacé le filet de protection qui entourait la tour depuis sept ans. Le temps des études et des recherches de financements terminé, des travaux prévus en deux phases ont pu commencer.
Phase 1 : la tranche ferme
Cette première partie du chantier concerne la partie haute du clocher. Le travail de restauration a commencé par le nettoyage des pierres et par un inventaire minutieux de celles qui méritaient d’être remplacées. Ensuite les tailleurs de pierre se sont mis à l’ouvrage et ont peu à peu intégré de nouvelles pierres de grès et de calcaire dans les parois séculaires de l’édifice. Au sommet des échafaudages, les charpentiers ont repris en partie l’ossature en chêne de la toiture pour préparer le terrain aux couvreurs. Ces derniers ont recouvert l’église d’un chapeau neuf d’ardoises. La touche finale sera apportée avec la pose de deux épis de faîtage aux angles saillants du toit.
Phase 2 : la tranche conditionnelle
Le début de la seconde phase de travaux va chevaucher la fin de la phase 1. Les échafaudages vont s’étendre sur toute la face sud de l’église. Le même travail de nettoyage, d’inventaire et de maçonnerie va être accompli. A l’intérieur, les charpentiers vont remplacer les planchers et nettoyer la structure en chêne soutenant la cloche (beffroi). Les grandes baies du bas de la tour-clocher, débouchées lors de la phase 1, seront comblées par des verrières losangées ou des panneaux de bois sculptés.