Dimanche 19 Novembre 2017

Longjumeau, le site Internet

Vous êtes dans : Accueil > Aménagement > Grands projets > Clocher de l'église > Le clocher à l'heure du calepin

Aménagement

Le clocher à l'heure du calepin

En février, un spécialiste de la pierre et des monuments historiques profite des douze étages de l’édifice pour scruter chaque pierre du clocher en détail pour réaliser le calepin.

Nicolas Canau est appareilleur. Aidé par François Desforges, le chef de chantier, il doit réaliser le calepin d’appareil, un inventaire détaillé des pierres de l’église, et décider de celles qu'il convient de remplacer pour réussir la rénovation engagée par la Ville.

Stéréotomie et appareillage

Être appareilleur requiert de parfaitement maîtriser la stéréotomie, c’est-à-dire l’art de découper différents volumes en vue de leur assemblage. Il faut être doué en géométrie dans l’espace pour réaliser des tracés qui peuvent être très complexes. Ce savoir-faire, qui se transmettait oralement entre bâtisseurs depuis l’antiquité, a été compilé pour la première fois en traité par Philibert Delorme, architecte français de la Renaissance.

Nicolas Canau est un tailleur de pierre de formation qui s’est spécialisé dans l’appareillage. Sur le calepin d’appareil, armé d’une équerre et d’un compas, il va représenter chaque façade du clocher, pierre par pierre, à une échelle réduite. A partir de ce premier travail, il pourra procéder à la commande de blocs et préparera à l’échelle 1 les gabarits servant à la taille des pierres de substitution. Celles-ci seront travaillées sur le chantier par les tailleurs de pierre.

La réalisation du calepin

L’appareilleur note précisément la hauteur d’assise (distance entre les deux joints horizontaux), la longueur et la largeur de chaque pierre ainsi que leur forme et leur matière. Il les numérote, les palpe, teste leur solidité et leur santé. « On sonne la pierre, c’est-à-dire qu’on la tapote avec un marteau pour tester la résonance. Quand ça sonne creux, ce n’est pas bon ! » Il cherche principalement à repérer d’éventuelles fissures, leur importance et leur origine : « Je dois soumettre à l’architecte un choix de pierres à remplacer, tout en respectant le devis d’origine. J’ai à ma disposition pour ce chantier 9m3 de grès issu des carrières de Fontainebleau et 15 m3 de calcaire en provenance de Saint Maximin dans l’Oise ». L’église St Martin est en effet principalement constituée de pierre calcaire, complétée par du grés dans sa partie haute. L’inspection permet également de resituer l’église dans l’histoire. « Chaque chantier est une découverte. En fonction des régions et des époques, on trouve différents types de réalisation, explique le spécialiste. Cette église a subi plusieurs restaurations au fil du temps qui, en fonction des moyens mis en œuvre, sont plus ou moins réussies ».

Surprise

Une restauration antérieure assez récente complique la tâche dans le travail de diagnostic de l’édifice. « Par le passé, il y a eu une réparation sans changement de pierre. Les ouvriers de l’époque, sûrement par manque de moyens, se sont contentés de recouvrir la paroi d’un enduit en ciment et d’y redessiner des joints en trompe-l'œil. » En grattant l’enduit, les techniciens ont découvert que les joints dessinés ne correspondaient pas à la réalité de l’agencement des pierres. Pas facile, dans ces conditions, de réaliser une cartographie précise ! Ils s'attellent actuellement à retirer la totalité de l’enduit en ciment sur les surfaces à étudier. « C’est beaucoup de travail, mais le calepin sera bientôt terminé. Ensuite, on pourra entrer dans le vif du sujet : la taille de pierre. »

Partager cette page sur :

facebook twitter google

Haut de page