Samedi 19 Août 2017

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Aménagement

La vérité est tailleur

Parmi les différents corps de métier qui travaillent de concert à la restauration de l’église Saint-Martin de Longjumeau, il en est un quasi mythique : les tailleurs de pierre.

Les tailleurs de pierre sont les bâtisseurs de notre civilisation. Ils œuvrent dans tous les domaines de l'architecture : église, cathédrale, château, pont, quai... Le métier est aussi vieux que l’envie des hommes de bâtir des édifices imposants, conçus pour durer. L’essentiel des techniques et des outils sont les mêmes depuis l'Égypte antique et l'Antiquité grecque et romaine. Les constructions en béton armé ayant pris le pas sur les édifices en pierre depuis le début du XXe siècle, les tailleurs de pierre se concentrent désormais sur la restauration des monuments. En ce moment même, les parois du clocher de l’église Saint-Martin sont entre leurs mains habiles et expertes.

Jeunes tailleurs

Ce qui frappe sur le chantier, c'est la jeunesse des artisans. « Je suis compagnon depuis 5 ans. Chaque chantier nous fait découvrir de nouvelles techniques manuelles, nous confie François Desforges, tailleur de pierre de formation et jeune chef de chantier sur l'église. Nous avons tous à la base la passion commune de l’histoire et du dessin. Le métier est exigeant, nous n'avons pas le droit à l’erreur. Cela nous oblige à être très rigoureux. Je pense que l’on recherche également cette stabilité. »

Du bloc...

L'inventaire détaillé des pierres de l'église, réalisé en février, a révélé une conception plutôt approximative, sur les parties hautes. Datant de l’après-guerre de Cent Ans, ses murs ont dû être construits à la va-vite, avec peu de moyens, peut-être même en utilisant des pierres provenant d’autres édifices. La mission des artisans est de restaurer l’église, mais surtout de la consolider.

Sur la base des croquis de l'appareilleur, des blocs de pierre à tailler, en provenance des carrières de Saint-Maximin (60), sont livrés sur le chantier. Les tailleurs de pierre entrent en action. A partir de panneaux de taille à l’échelle 1 réalisés par l'appareilleur, les tailleurs de pierre sont à même de produire un volume en bonne et due forme. Les artisans travaillent les blocs de calcaire, à l’aide de pointes et de ciseaux qu’ils frappent à la massette.

Les blocs portent sur leurs faces les marques trop régulières du sciage en carrière. A l’aide d’un taillant, sorte de hache constituée de deux tranchants droits et parallèles au manche, les tailleurs de pierre procèdent au layage : ils font des petites rayures de parement peu profondes sur les faces visibles, pour donner l’aspect d’une découpe à l’ancienne. Sur les parties qui seront en contact avec du mortier, ils créent des petits creux au ciseau, pour favoriser l’adhérence. Quand ils ont fini ce travail, les tailleurs de pierre le signent de leur marque de tâcheron. « Nous sommes tous motivés par une envie de s’ancrer dans l’histoire, précise le chef de chantier. Ce métier est séculaire, on le transmet, on laisse une trace…»

...à la mise en place

Les pierres à remplacer sont descellées avec délicatesse et jamais en trop grande quantité pour conserver la stabilité du bâtiment. Elles sont remplacées temporairement par des vérins en guise d’étayage. La pose des blocs de pierre exige une précision au millimètre. Du mortier liquide est coulé dans les joints pour sceller la pose. Une fois les pierres bien en place, c'est le moment des finitions avec le ravalement qui égalise la position des pierres. Une patine, qui utilise des pigments naturels dilués dans l’eau, rend à la paroi un aspect homogène entre nouvelles et anciennes pierres.

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