Mardi 26 Septembre 2017

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Aménagement

Des litres sur la façade de l'église

Quelles sont ces drôles de bandes noires sur le fronton de l'église ? Il s'agit de litres, exceptionnelement conservées.

Quand il est employé au féminin, le mot litre désigne à l'origine un lé de velours noir sur lequel étaient posés les écussons des armes des princes et autres seigneurs lors de leurs obsèques, parfois appelé ceinture funèbre. par la suite, le terme de litre désigne une bande noire peinte sur les murs d'une église en dedans et en dehors, sur laquelle étaient ajoutées les armoiries des patrons1 et des seigneurs du lieu après leur décès. elle restait pendue un an et un jour dans l’édifice. La confection d’une litre était soumise à l’autorisation expresse du seigneur. Le plus souvent, elle était réalisée à la peinture directement sur les murs de l’église, et l’exécution de l’œuvre confiée à des artistes locaux.

Un droit honorifique

L'usage des litres n'a commencé que depuis que les armoiries sont devenues héréditaires. Il a d'abord été introduit en l'honneur des patrons seulement, avant d'être étendu aux seigneurs. hérité de l’époque médiévale, en usage de manière vivace pendant l’époque moderne, le droit de litre est d’autant plus jalousement gardé par l’aristocratie que l’Ancien régime se vide de son contenu féodal. La litre matérialise un droit honorifique qui symbolise encore au XIXe siècle, aux yeux de la grande aristocratie terrienne, son rang, son rôle social et politique. Mais au-delà de ces aspects historiques, elles sont des œuvres d’art souvent hautes en couleurs et intrigantes pour le grand public.

Mazarin et le duc d'Effiat

Autrefois très abondantes, elles ont aujourd'hui presque toutes disparues. Il est rare de pouvoir en trouver encore conservées, et sur lesquelles les blasons sont encore visibles. d'abord parce que symbolisant la dépendance de leur église à un patron laïque, les curés n'étaient pas enclin à les entretenir. ensuite parce que nombre d'entre-elles furent recouvertes à la révolution Française, qui abolit le droit de litre en juillet 1791 et ordonne qu'elles soient effacées. enfin parce que le temps faisant son affaire, la peinture, destinée à être éphémère, s'est effacée peu à peu, quand elle n'était pas recouverte lors des travaux d'entretien. Les murs de l'église Saint-Martin de Longjumeau en conservent des traces à l'intérieur et à l'extérieur. A l'intérieur, on peut distinguer le blason de Mazarin. A l'extérieur, autour de la sacristie, celui du duc d'effiat. Mais là où les litres sont le plus visibles reste de part et d'autre du portail d'entrée, sur le fronton de l'église.

1. Patron, en matière bénéficiale, est celui qui a bâti, fondé ou doté une église, en considération de quoi il a ordinairement sur cette église, un droit honorisique qu'on appelle patronage. (source Encyclopédie Diderot et d'Alembert)

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